Le budget 2027 de l’Éducation nationale, en discussion au Parlement cet automne, prévoit moins d’élèves par classe en primaire, 1 300 accompagnants d’élèves handicapés en plus, mais aussi 1 588 postes d’enseignants repris.
- Le ministère annonce un budget de 64 milliards d’euros en 2027, hors pensions, soit 1,2 milliard de plus qu’en 2026.
- Près de 180 000 élèves de moins sont attendus à la rentrée 2027.
- En primaire public, la moyenne passerait à 20,6 élèves par classe.
- 1 300 AESH, 200 CPE et 304 postes médico-sociaux sont prévus.
Plan de l'article
Que contient le budget 2027 pour l’école ? #
Présenté le 1er octobre avec le projet de loi de finances, le budget de l’Éducation nationale reste le premier budget de l’État. D’après le dossier de presse du ministère, il atteint 64 milliards d’euros hors contributions aux pensions, en hausse de 1,2 milliard à périmètre constant.
À lire Les devoirs à la maison sans crise : le guide pratique des parents
« Le gouvernement ne fait pas d’économies sur la jeunesse », a assuré le ministre Édouard Geffray dans un entretien à l’AFP relayé par Sud Radio, alors que les dépenses de l’État doivent baisser au total.
Le texte doit encore être débattu et voté par les députés et les sénateurs. Les chiffres ci-dessous sont donc ceux du projet du gouvernement, susceptibles d’évoluer.
Pourquoi parle-t-on de suppressions de postes ? #
Parce que le nombre d’élèves baisse vite. Le ministère attend près de 180 000 élèves de moins à la rentrée 2027, après 160 000 de moins à la rentrée 2026. Entre 2017 et 2026, le premier degré public a déjà perdu près de 650 000 élèves.
Si l’on avait supprimé autant de postes que d’élèves perdus, plus de 9 600 emplois d’enseignants auraient disparu, selon le ministère. Le projet n’en reprend que 3 644 et en réaffecte 2 056 aux établissements. Le solde est une baisse nette de 1 588 postes d’enseignants, dont 1 250 dans le public. L’AFP rappelle que la reprise était d’environ 4 000 postes l’an dernier.
À lire Bien tenir son stylo, ça s’apprend : comment corriger la prise ?
Au total, en comptant les autres personnels et les futurs enseignants en formation, le ministère affiche 3 257 créations d’emplois. Un chiffre qui mélange des réalités différentes : les familles verront surtout l’effet sur les classes et sur l’accompagnement.
Qu’est-ce que cela change dans la classe de mon enfant ? #
Des classes un peu moins chargées en primaire
Le gouvernement fait le choix de garder une partie des postes libérés par la baisse démographique. Dans le premier degré public, le nombre moyen d’élèves par classe passerait de 20,9 en 2026 à 20,6 en 2027, contre 23,2 en 2017.
Cette moyenne nationale cache de fortes différences. Des classes seront regroupées, voire des écoles fermées dans certains secteurs ruraux. Le ministère dit vouloir construire l’offre scolaire par bassin de vie, avec les élus, et teste cette méthode dans 18 départements.
Plus d’accompagnants pour les élèves handicapés
Le projet prévoit 1 300 postes d’AESH supplémentaires, les accompagnants des élèves en situation de handicap. Selon le dossier de presse, le nombre d’élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire a augmenté de 64 % depuis 2017, et 4,9 milliards d’euros seront consacrés à l’école inclusive en 2027.
À lire Cartable trop lourd : quel poids maximum pour un enfant ?
Pour les parents qui attendent une notification d’accompagnement, ces recrutements sont une bonne nouvelle, mais leur effet concret dépendra des académies et de la capacité à pourvoir ces postes.
Infirmières, psychologues et CPE
Le budget crée 304 postes de personnels médico-sociaux et pour les cellules de recueil des signalements, ainsi que 200 postes de conseillers principaux d’éducation. Les assistants d’éducation, eux, sont stabilisés : ni hausse ni baisse.
Et les collèges en éducation prioritaire ? #
Selon l’AFP, environ 800 collèges prioritaires bénéficieraient d’heures supplémentaires, par exemple une heure et demie de français ou de mathématiques en plus pour certaines classes de 6e. Les modalités précises restent à connaître établissement par établissement.
Comment les familles peuvent-elles suivre le dossier ? #
Les fermetures et ouvertures de classes se décident au niveau local, lors de la préparation de la carte scolaire, généralement au cours de l’hiver. Les représentants de parents d’élèves au conseil d’école sont informés et peuvent faire remonter les besoins.
À lire Faut-il payer des cours particuliers en primaire ?
Pour les familles concernées par le handicap, l’interlocuteur reste l’enseignant référent et la MDPH. Et pour les débats budgétaires, le site du ministère tient à jour sa page consacrée au PLF 2027.




